MAES

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Vendredi 19 juin 2020

Billetterie

Aucun rappeur ne ressemble à Maes. Avec son nouvel album, Les derniers salopards, le natif de Sevran prouve qu’il fait définitivement partie des poids lourds du rap français, de ceux sur qui il faudra compter encore pas mal de temps. Il s’agit ici d’une concrétisation : après le succès de Pure, sorti en 2018, il fallait prouver que ce succès n’était pas éphémère, que le bonhomme ne serait pas de ceux qui disparaissent aussi vite qu’ils sont venus.

Il évolue désormais sur des bases solides : Pure est disque de platine, sa chaîne Youtube totalise 220 millions de vues, et sa dernière tournée nationale a affiché complet. Tout s’est fait grâce à l’authenticité, au récit d’un type sorti de la street, mais éternellement attaché à elle, à cette ville du 93 devenu en quelques années l’un des épicentres du rap français. L’épicentre de Maes, c’est la cité des Beaudottes, qui l’a vu grandir, et à laquelle il rend sans cesse hommage.

Sa force, c’est le rap, certes. Mais aussi le chant. L’autotune n’est pas abusif, il est un réel apport de couleur. Car Maes maîtrise suffisamment les mélodies pour s’en passer dans l’absolu, mais sa volonté musicale est autre, comme le montre le premier single extrait de ce nouvel album, Distant. Et puis, il y a ce côté repenti : « Je parlerais plutôt de maturité, précise-t-il. La repentance peut se faire à tout âge. Cet album, c’est une revanche sur le temps, sur mes croyances, et sur moi-même. » La prison, qu’il a connue il y a trois ans, est désormais derrière lui. Ou presque. « Ca m’inspire toujours, j’ai encore des frères au placard. Il y en a qui tombent tous les jours, qui en sortent tous les jours. Ca fait partie de ma vie, de la cité. »

Cette revanche se traduit par des cartons comme Billet Vert (44 millions de vues), qui l’a révélé au grand public, ou plus récemment Madrina (84 millions), l’un des singles majeurs de l’année passée, en featuring avec Booba. Ce dernier est une nouvelle fois présent sur Les derniers salopards, tout comme deux autres mastodontes du rap français : Ninho et Jul. Maes travaille à l’affect, y compris avec de fidèles beatmakers comme Denza ou DST. Savoir s’entourer des meilleurs, ne pas mentir, ni à soi-même ni au public… C’est peut-être là la clé de l’authenticité. Les derniers salopards en est un exemple.